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Mivtsaim dans un centre de malentendants à Rochester |
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USA -
New York
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Par Ronelle Grier – Chabad.org


Aider les Juifs dans le monde entier à se sentir liés les uns aux autres plutôt que d’être isolés a longtemps été la mission des émissaires du Rabbi ; durant les vacances, les étudiants de Yechiva, futurs rabbins eux-mêmes, se dispersent sur toute la surface du globe afin de créer ce contact. Et comme le démontre un tel projet mené à Rochester (état de New York) – une ville universitaire dans laquelle existent de nombreuses structures communautaires – cet isolement n’est pas seulement géographique. Cette semaine, Yeochoua Soudakoff et Isser Lubecki, tous deux âgés de 19 ans, ont quitté Toronto pour Rochester afin de s’occuper des besoins spécifiques de membres sourds de la communauté juive. Ils sont spécialement qualifiés pour cette mission - Y. Soudakoff né à Los Angelès et I. Lubecki né à Paris sont tous deux sourds de naissance et étudient à la Yechiva Nefesh Dovid, une Yechiva destinée aux sourds – et se servent de l’ASL, la langue des signes américaine ainsi que de la parole pour promouvoir des projets et des cours pour l’une des plus grandes populations sourdes du monde. Lire la suite
Rav Achère Yaras, directeur du Beth Habad destiné aux étudiants des universités de Rochester, attribue la vaste concentration de sourds dans sa ville au fait que s’y dresse le Rochester Institute of Technology, l’une des plus grandes écoles de sourds des États-Unis. Il estime que 50 familles juives de Rochester comptent au moins un membre sourd. Yochoua Soudakoff et Isser Lubecki se sont rendus à Rochester dans le cadre de ce qui est plus connu sous le nom de Roving Rabbis, des rabbins itinérants, le programme d’été de visites de communautés organisées par la branche éducative du mouvement ‘Habad Loubavitch. Leur première initiative de la semaine a été un barbecue organisé chez un couple d’habitants juifs sourds, Dr Caroline Stern Spanjer et son mari Al. Ils ont aussi à leur actif un Chabbat Plein, un atelier d’apprentissage pour la confection des ‘Hallot ainsi que des activités pour les enfants. « Nous offrons aux gens la possibilité de rencontrer des étudiants qui leur apprendront ce qu’ils ont toujours voulu apprendre mais qu’ils ne pouvaient pas à cause de la barrière du langage, déclare Rav Yaras. Cela peut être n’importe quoi, depuis le point de vue de la Torah sur les transplantations cardiaques jusqu’à l’étude de la portion hebdomadaire de la Torah.Diana Pryntz, l’une des 20 personnes ayant participé au barbecue avait «entendu» parler de la visite des deux étudiants-rabbins par son mari entendant qui s’était porté volontaire pour l’interprétation de la langue des signes lors d’une récente réunion organisée par Rav Yaras. Elle a contribué à mettre au courant tout son mailing d’amis juifs sourds. « C’était formidable de revoir chacun et de rencontrer les deux étudiants de Yechiva ! » a-t-elle déclaré.
Relever les défis
Y. Soudakoff et I. Lubecki font partie d’une véritable armée d’étudiants qui fournissent à des petites communautés non encore organisées de la nourriture cachère et des objets de culte. Ils avaient remarqué que la communauté sourde faisait face à ses propres difficultés. « Je crois que le défi est principalement dans le domaine de la communication, remarque I. Lubecki. Par exemple, quand quelqu’un me demande mon nom et a du mal à me comprendre ou quand quelqu’un dans la rue me demande où se trouve un certain endroit et ne comprend pas ce que je lui explique ». Y. Soudakoff confirme que tenter de se faire comprendre dans ce « monde d’entendants » peut être fatiguant et frustrant. « Certaines personnes n’ont juste pas la patience de tenter de comprendre ce que je dis et ils hochent la tête à tout ce que je dis. Parfois les gens ne comprennent pas que la surdité est un problème physique et non mental. Etre sourd n’a rien à voir avec notre intelligence mais certains pensent que nous avons besoin d’aide dans ce domaine et cela se traduit par la manière dont ils communiquent avec nous ». Il y a aussi l’isolation culturelle. « Je crois que l’une des choses les plus difficiles dans le handicap de la surdité, c’est que vous ne pouvez pas toujours profiter de tout ce qui est autour de vous, remarque Y. Soudakoff. Nous ne pouvons pas apprécier toute la musique juive qui sort en disques, CD et concerts. D’ailleurs de nombreux domaines du judaïsme sont basés sur la possibilité d’entendre : prier dans un Miniane, écouter la lecture de la Torah, écouter un cours de Torah dépendent fondamentalement de l’ouïe. Il y a aussi toutes ces Mitsvot qui dépendent spécifiquement de l’oreille comme écouter le Choffar ou la lecture de la Meguilad’Esther. Il est parfois stressant d’utiliser au mieux nos capacités pour participer à toutes ces activités ». Rav Ne’hémia Vogel, directeur de Habad à Rochester espère que tous les deux reviendront pour continuer leurs efforts en direction de la communauté juive sourde. « Nous en avons reconnu l’utilité et avons pensé que le meilleur moyen d’y parvenir était d’avoir quelqu’un qui connaisse ces défis. La réaction jusqu’à présent a été enthousiaste. Nous voulons vraiment atteindre chaque Juif ». Rav Moché Kotlarski, vice-président du Merkos L’InyoneiChinuch - la branche éducative du mouvement Loubavitch- renchérit à ce sujet : « Chaque été, des équipes d’étudiants de Yechivot Loubavitch se dispersent dans toutes les directions pour renforcer le judaïsme dans les petites communautés et chez les Juifs isolés, où qu’ils soient. Leur mission est de rencontrer les gens là où ils sont et de les aider dans leurs besoins religieux. Qui peut le mieux aider cette communauté aux besoins particuliers que deux jeunes étudiants-rabbins eux-mêmes confrontés aux mêmes difficultés ? D’après les rapports qui nous parviennent, ils ont réalisé un travail fantastique ! » « Chacun a dans la vie ses propres difficultés, continue Y.Soudakoff. D’un certain point de vue, nous avons la chance que notre difficulté est assez évidente pour nous et que nous n’avons pas besoin de perdre notre temps à comprendre ce que c’est. Nous avons juste à comprendre comment traiter la difficulté et y faire face. Nous construisons nos propres communautés, avec un langage différent et nous créons une nouvelle réalité qui est plus confortable pour les gens sourds. J’espère que Isser et moi serons capables d’aller jusqu’au bout de cette réalité et de contribuer d’une certaine manière à l’expansion du judaïsme chez les Juifs. Telle est notre mission à Rochester ! »
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Mise à jour le Lundi, 09 Août 2010 12:44 |
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