

A l’évidence, chez Loubavitch, faire mivtsaïm durant Souccot n’a rien de particulier. De nombreux Juifs de par le monde ont été émus et se sont rapprochés de leur judaïsme rien que par le fait qu’un jour, un Loubavitch leur a proposé de secouer le Loulav.
Mais cette année, je crois que quelque chose d’unique est arrivé ce Souccot.
J’ai connu mon ami Isser Lubecki (de Paris) à la Yehiva Néfech Dovid de Toronto, une Yehiva unique au monde, qui se consacre aux besoins spécifiques des enfants sourds juifs du monde entier, quelle que soit leur communauté.
Nous avons décidé cette année de nous rendre à Washington immédiatement après Chabbat Hol Hamoëd pour passer 48 heures à faire Mivtsaïm auprès d’un public particulier que d’autres Loubavitchs ne peuvent toucher.
Tout d’abord, nous sommes allés à un repas de Souccot organisé par la communauté juive sourde de la région de Washington : devant environ 40 personnes, nous avons fait un petit « discours » en langue des signes sur le thème de Souccot durant le repas. Bien entendu, tous les convives avaient au préalable secoué le Loulav en prononçant – en langage des signes – la Bra’ha.
Oh ! J’ai oublié de vous dire que mon ami et moi-même sommes tous les deux sourds ! C’est sans doute la raison pour laquelle les gens étaient ravis de nous rencontrer : Oh ! Des étudiants de Yechiva sourds ! Nous serions heureux de vous embaucher ici comme rabbins pour notre communauté quand vous aurez fini vos études… ! Lire la suite
Ce soir-là, nous avons rendu visite à un de nos amis et l’avons convaincu de sortir de chez lui et danser avec nous dans la rue. Après tout, qui prétend que Sim’hat Beth Hachoéva ne peut se faire que sur Kingston Avenue, près du 770 ?
Le lendemain, nous avons passé pratiquement toute la journée à arpenter les allées du campus de Gallaudet University. Non, nous n’avons pas cherché le Bureau des admissions (et d’ailleurs je ne sais toujours pas où il se trouve…). Cette grande école est la plus grande Université pour étudiants sourds dans le monde. Ici, tout le monde communique en langage des signes. Et c’est pourquoi il fallait deux garçons sourds de Yechiva pour convaincre les Juifs ici de faire la Mitsva du Loulav.
A sept heures du soir, nous avions encore du pain sur la planche : cette fois, il s’agissait d’une soirée cinéma : sur le campus, on diffusait le film israélien Ouchpizine. Si le Loulav et l’Etrog n’étaient pas suffisants pour donner un goût de ce qu’est Souccot, le film l’a fait. Dès la fin du film, la vingtaine de spectateurs nous ont posé toutes sortes de questions. Parmi celles-ci :
- Combien coûte réellement un Etrog ?
- Qu’est-ce que ces chapeaux de fourrure ?
- Pourquoi faire tellement attention au Pitome ?
- Comment construit-on une Soucca ?
- Pourquoi secouer le Loulav ?
- Combien de temps dure la fête ?
Rien que par leurs questions, il était évident qu’ils n’avaient jamais vraiment été exposés à la fête auparavant et c’était pour nous l’occasion de remédier à la situation. Nous pouvons clairement affirmer que grâce à notre présence, ils ont appris énormément de choses sur la fête et le judaïsme en général.
Souccot est la fête de l’unité du peuple juif comme cela est souligné à de nombreuses reprises dans les Maamarim de nos Rébbéïm. En plus du nom biblique de la fête – ‘Hag Héassif, la fête du rassemblement – chacune des quatre espèces a un lien avec le thème de l’unité. Il en va de même pour la Soucca qui nous entoure de la tête aux pieds. C’est pourquoi je pense que le moment était particulièrement opportun pour que les Mivtsaïm du Rabbi s’étendent à un segment de la nation juive qui n’avait pas été pris en considération auparavant. Voilà la véritable A’hdout !
Je tiens à remercier Rav Lévi ChemTov de la Fédération Américaine des Amis de Loubavitch pour avoir sponsorisé notre voyage du début à la fin, Rav Berel Wolvovski et sa famille pour nous avoir hébergés et le WSJD pour leur réception chaleureuse. Grâce à eux, Isser et moi avons pu apporter la Mitsva de la Soucca à encore davantage de Juifs.
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Quel mérite que de diffuser notre thora auprès de nos frères sourds juifs. L'Ahdout avec un grand A.
Bravo tout particulièrement à Isser Lubecki et son sourire legendaire.