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Quand une base militaire du Golan ouvre ses portes aux civils, les yeux s'écarquillent et les cœurs crient leur amour pour Tsahal : l'armée d'Israël, l'armée des Juifs Nathalie Bitoun 
Il ne faut parfois pas aller loin pour percer certains secrets. Mais cette fois-ci, le lieu est choisi. C’est dans une base du cœur du Golan, que l’association 100 % Lahayal nous invite à une journée initiatique. Lever de rideau sur le quotidien des soldats de la brigade Golani. L’occasion de partager un petit moment avec ceux dont notre sécurité dépend. A l’entrée de la base, en guise d’accueil, des chars et des carcasses d’animaux, réminiscences d’anciens prédateurs décharnés... De quoi rappeler à l’homme qui oserait la défier, que la nature, où que ce soit, reprend ses droits. L’ambiance, elle, est toute autre, une fois franchis les différents barrages de sécurité : une chaude journée d’été, des bruits de tirs d’entraînement, et ces voix, qu’on serait tentés d’appeler des “voix d’enfants”. Ceux qui sont déjà des “petits hommes” à part entière n’ont que 19 ans et un uniforme vert. Ils arborent une arme dont ils ne sont pas peu fiers. Et expliquent les rituels de l’armée. Tout commence par la visite du campement. Les tentes sont dressées, les sacs-à-dos bouclés, les lits soigneusement faits, de quoi impressionner les mamans, incrédules, étonnées. En “semaine shétah” (sur le terrain), les soldats de l’unité 13 des Golani se retrouvent dans des conditions de guerre. Ils ne partageront pas le repas plantureux offert aux visiteurs. Les consignes sont strictes : boîtes de thon et conserves sont les seules gourmandises au menu serré de ces combattants en entraînement. Ces recrues sont en préparation depuis novembre 2008. Dans deux mois, ils seront venus à bout d’une première année d’épuisants efforts physiques et moraux. Alors, une autre réalité les attendra, à Ramallah, ou ailleurs. Peu importe où finalement, la motivation et la volonté se lisent dans leurs yeux. (Lire la suite)
Du cocon parisien à la discipline de fer
C’est le cas de Daniel, un jeune Français de 19 ans, qui a fait son aliya il y a deux ans et s’est engagé dans l’armée l’année dernière. “Le passage de la vie insouciante parisienne à cette base militaire au régime contraignant est radical. Mais c’est le but.” Ce jeune homme est parti, laissant sa famille derrière lui. “J’essaie de les convaincre de me rejoindre, mais ça n’est pas gagné. Chez certains, la vérité met du temps à percer.” Et c’est ainsi, que, en toute simplicité, Daniel raconte les étapes qui l’ont mené aux chemins de l’armée. Sous les yeux de David, un petit garçon de 12 ans son cadet, qui confiera plus tard dans la journée que c’est à Daniel qu’il veut ressembler ! Après seulement trois mois d’oulpan (cours d’hébreu intensifs), les nouveaux immigrants qui, comme Daniel, veulent être combattants, commencent leur entraînement. “Le plus dur dans l’histoire, c’est d’être loin de la famille. Parce que même si les permissions sont plus souples, et les vacances plus longues pour les soldats-nouveaux immigrants, il n’en demeure pas moins que la chaleur de la maison nous manque parfois au quotidien.” Aucune violence dans leurs yeux quand ils expliquent les longues séances de tirs, pour apprendre à viser juste, à être précis pour mettre en joue l’ennemi. Aucune violence, et beaucoup de prudence. Quand ils manipulent les armes et en détaillent les fonctions. Il y a celles avec esquelles on tire la nuit, celles qu’on utilise pour viser loin, celles des tireurs d’élite, et les armes automatiques. Mais ce qu’ils montrent avec lplus d’attention, ce sont ces gilets par balles dont l’armée a cruellement manqué, notamment au cours de la seconde guerre du Liban. On soupèse l’équipement. Vingt-cinq kilos déposés sur leurs frêles épaules. Vingt-cinq kilos sur lesquels reposent leur sécurité, leur survie, et parfois aussi la nôtre. Dans ce monde très masculin, une question s’élève soudain : Où sont les filles ? Dans cette section, aucune ne fera rimer le combat au féminin. Il n’en demeure pas moins qu’elles sont présentes au sein de la base. “Pour nous écouter, et nous réconforter, jouer le rôle de psy quand on a des petits soucis”, explique Daniel. Et le jeune soldat d’ajouter avec un brin de malice et sans minauderies : “Aucune fille n’est sur le terrain avec nous. Réfléchissez, comment pourrait-on se concentrer ?!” En un portrait, en une parole, on dessine les contours du visage d’un jeune soldat à l’armée. Le corps d’un homme capable de la plus martiale fermeté, surmonté de deux yeux d’enfant au regard chargé d’idéaux de pérennité. Une subtile alliance entre force physique et force spirituelle. Une leçon d’humilité donnée par ceux qui érigent le “don de soi” en totem. Une façon de dire que le véritable amour que l’on a, c’est celui que l’on donne.
100 % Lahayal va droit au cœur des soldats de Tsahal Rencontre entre 150 touristes français et des jeunes soldats dans une base au nord du pays Delphine Iweins L’objectif de cette journée, selon le président de l’organisation Daniel Pinto : “montrer aux Français les difficultés de la vie quotidienne des soldats et récolter un maximum de dons pour les aider.” Cette association, officialisée il y a cinq ans par Tsahal, permet d’apporter du réconfort aux soldats par un soutien matériel, moral, psychologique et spirituel. Il faut rappeler que l’armée ne fournit que l’uniforme à ses recrues. Pour le reste, comme un simple nécessaire de toilette ou une paire de Tephilines, les soldats disposent de leurs petits salaires et de l’aide de leurs familles. Les dons de 100 % Lahayal sont destinés à soulager ceux qui en ont besoin. Ces bénévoles francophones israéliens donnent tout leur cœur pour soutenir leurs “enfants” de Tsahal. En plus de la nourriture et des habits qu’ils leur procurent, parfois jusqu’aux zones de combats (au Liban par exemple durant la seconde guerre d’août 2006), les membres de l’association rendent également visite aux militaires blessés, alités dans les hôpitaux ou en rééducation. Le témoignage d’un hayal touché au combat, quatre ans auparavant, a tout particulièrement interpellé l’assemblée. Ce dernier a expliqué avec beaucoup d’émotion comment 100 % Lahayal l’a aidé à surmonter cette terrible épreuve. Grâce à ce soutien, il s’est trouvé une nouvelle passion : le basket-ball en fauteuil roulant. Et continue à se porter volontaire dans l’armée pour des missions ponctuelles. 100 % Lahayal se veut être plus qu’un soutien matériel. C’est une sorte de deuxième famille pour les soldats dont les proches ne vivent pas en Israël. De grands repas sont organisés durant les fêtes et Shabbat. Et surtout les bénévoles suivent “leurs enfants” tout au long de leur carrière militaire et même au-delà. C’est un véritable lien qui est créé pour toute une vie. Parce qu’au-delà du soutien moral et matériel, la spiritualité est au cœur de cette entraide. Permettre aux soldats de vivre pleinement leur foi est un autre combat de 100 % Lahayal. Grâce aux dons, des paires de tephilines leurs sont distribuées. Ils peuvent ainsi combattre tout en étant protégés par Dieu sous leurs casques. Daniel Pinto aime à rappeler que sans les dons, l’association ne pourrait rien faire : “100 % Lahayal, c’est 100 % des dons qui vont à 100 % des soldats par le biais de bénévoles à 100 %. L’organisation ne fait aucun profit.” Les touristes français sont donc particulièrement sollicités lors de la visite : kits de survie et gilets polaires sont les deux principaux accessoires, avec des climatiseurs, dont ces jeunes ont besoin pour améliorer leurs conditions de vie. “Ils se battent pour Israël et le peuple juif, nous leur devons bien cela. Montrer notre soutien sans failles est la moindre des choses que nous pouvons faire”, explique une femme, qui fait partie de ces visiteurs d’un jour. Les militaires, touchés par tant de reconnaissance, ne tarissent pas d’éloges sur l’association 100 % Lahayal. Daniel Pinto s’émerveille de la réussite de cette journée spéciale. “Nous avons largement atteint nos objectifs. 100 % Lahayal a écolté beaucoup plus de dons que l’année dernière. Le confort et le réconfort des soldats pourront être renforcés grâce à toute cette générosité.” La visite de la base et la rencontre avec ces jeunes hayalim est donc un succès, mais l’effort ne doit pas cesser. Daniel Pinto pense déjà à un autre rendez-vous d’été, l’année prochaine.
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